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- Très Bien

Publié le 21 avril 2021 à 06h00
Mis à jour le 10 janvier 2025 à 12h24
Le monde entier connaît ces images : une femme en rose rampe, affolée, sur le capot d’une voiture officielle ; une femme en noir mène la marche funèbre, à Washington… Jackie Kennedy est incrustée dans notre imaginaire collectif. Pour son premier film américain, le Chilien Pablo Larraín ne fait jamais semblant de l’ignorer.
Il n’a pas circonscrit par hasard son récit aux quelques jours qui suivirent l’assassinat de John F. Kennedy à Dallas, le 22 novembre 1963. Dans l’œil du cyclone, le point zéro d’un deuil et d’un trauma historique majeur, se tient Natalie Portman, exceptionnelle. Jackie n’est pas un biopic au sens usuel, la petite histoire d’une première dame dans les tourments de la grande. C’est un trompe-l’œil, une réflexion magistrale sur l’image. Et même une réflexion au sens strict : dans l’une des plus belles scènes du film, Jackie Kennedy se regarde dans un miroir. Elle ne nous offrira ainsi que son reflet, fragmenté et multiplié, enclos dans la stupeur d’une tragédie nationale dont l’Amérique n’est jamais vraiment sortie. Toutes les Jackie se superposent : la victime, la veuve, et surtout l’architecte de la postérité, à l’origine d’un mythe.
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